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Poulehouse : L’oeuf qui ne tue pas la poule

L’oeuf qui ne tue pas la poule
5.99
4/5
Publié le 27 septembre 2017 dans Green Life

Je le sais, mon raisonnement actuel peut parfois paraître utopiste : j’aspire, à terme, à me nourrir sans infliger de souffrances aux animaux. Cela me vient très certainement de mon enfance à la campagne. Mes parents élevaient des animaux variés, et j’adorais ça !!! Je m’attachais beaucoup à eux, c’était chouette ! Et le moment de transformer l’élevage en nourriture arrivait toujours bien trop vite. Je pleurais plusieurs jours. Et ainsi de suite. C’est désormais établit, consommer bio dans le domaine ne suffit pas à s’assurer que la souffrance animale n’existe pas en définitive. Les abattoirs qui tuent les animaux élevés dans le respect du cahier des charges de l’agriculture biologique sont les mêmes que ceux qui tuent les animaux issus de l’élevage intensif ou des petits élevages. Les reportages chocs de l’association L214 sont certes, insoutenables, mais ils ont le mérite de nous confronter à une réalité que l’on préfère souvent ignorer. En dehors de choisir la voie végétarienne ou vegan, il n’y a malheureusement pas beaucoup de solutions pour le moment. Nous avons drastiquement diminué notre consommation animale. Nous en consommons toujours, une fois par semaine en moyenne. Mais c’est déjà trop ! Alors, lorsque notre chemin a croisé celui de l’oeuf qui ne tue pas la poule de Poulehouse, à la Biocoop, nous n’avons pas hésité !

Ma belle-sœur nous avait déjà signalé ce projet sur Kiss Kiss Bank Bank. Je vous préviens, certains risquent de faire des bons, et pour cause. Le prix est excessivement cher ( 5,99€ les 6 oeufs), mais je suis heureuse d’investir mon argent dans ce projet utile. D’une part, nous consommons peu d’oeufs à la maison. D’autre part, je ne compare pas le prix de ces œufs aux autres, car c’est tout simplement impossible. L’animal n’est pas sacrifié au profit de la rentabilité et de l’exigence du consommateur qui en demande toujours plus.

Saviez-vous qu’une poule peut vivre en moyenne 8 ans. Pourtant, elles sont généralement envoyées à l’abattoir au bout de 18 mois, car elles deviennent moins rentables.  Elles sont 100 millions chaque année en France à être transformées en viande 1er prix de façon prématurée. Saviez-vous que leur bec est coupé à vif ? Ou encore, que les poussins mâles étaient tués le premier jour de leur vie ? Ce sont les femelles qui sont privilégiées.

Toutes ces raisons ont poussé Fabien, Élodie et Sébastien à donner naissance à Poulehouse, une maison de retraite pour poules pondeuses. Le principe : permettre aux poules pondeuses de poursuivre leur vie, et qu’elles meurent naturellement. Ces refuges sont financés via la vente des oeufs bios pendus par les poules ainsi recueillies. Puisque ces poules pondent moins souvent, les œufs coûtent plus chers. CQFD.

Poulehouse souhaite également endiguer le fléau des poussins mâles encore trop nombreux à être tués. Ainsi, Poulehouse devrait pouvoir expérimenter le sexage in ovo, à terme, afin d’identifier le sexe dans l’oeuf et permettre la sélection des femelles uniquement.

Soutenir une entreprise qui vise à améliorer le confort animal et sauver des vies me tient particulièrement à cœur ! Je pourrai dépenser des fortunes pour prendre soin de notre Monsieur Chat. Je me plis bien volontiers aux exigences de son vétérinaire. Il a un catsitter professionnel lorsque nous nous absentons. Nous courrons chez le vétérinaire à la moindre suspicion de bobo. Nous le laissons dormir entre nous deux, dans notre lit, car il s’y faufile avant nous et semble heureux d’être là. Alors, oui, le bien-être animal nous importe réellement. Si on peut contribuer, ne serait-ce qu’un peu, à améliorer ce monde qui ne tourne plus très rond, moi je dis ouiiiiiii !!!

(Crédit : L214)

Qu’en pensez-vous ?

Commentaires

  • Martine dit :

    Je me pose beaucoup de questions suite à cet article sur les oeufs ! Je me demande presque si cela n’est pas une arnaque , 12 Euros pratiquement la douzaine ! Je consomme 2 douzaines par semaine, tu vois le coût. .. Je prends mes oeufs directement à la ferme car mes trois poules n’arrivent pas à fournir suffisamment et elles mourront de leur belle mort je peux te l’assurer.
    Je pense que je suis privilégiée d’avoir du terrain et la possibilité de faire un potager et un poulailler. Car à ce rythme cela va devenir un luxe de bien manger.
    Très amicalement,
    Martine

    • Lalouandco dit :

      Bonjour Martine,
      comme d’habitude, ton avis est pertinent ;). Cependant, je suis citadine. Je vis en centre-ville et il m’est actuellement impossible de recueillir une poule. Faire la route toutes les semaines pour rejoindre une campagne avoisinante et m’approvisionner dans une ferme aura également un coût en terme d’essence, de temps, d’usure de voiture et de pollution. Pouvoir se fournir en face de chez soi est déjà un luxe en soi. Maintenant je comprends parfaitement que ce prix puisse dissuader. Moi-même j’ai réfléchi avant d’acheter. Mais si tu regardes de plus prêt le schéma d’entreprise de Poulehouse, tu verras qu’il n’y a pas que la partie animale qui entre en ligne de compte pour fixer le prix. La juste rémunération des éleveurs est également une volonté de Poulehouse. Ils ont d’ailleurs travaillé en collaboration avec les éleveurs pour déterminer le prix. Peut-être que le vrai problème aujourd’hui, c’est que nous nous sommes habitués à des produits proposés par de grandes enseignes à des prix toujours tirés vers le bas, au détriment des petits producteurs. Maintenant, dans l’idéal, j’aimerai avoir plusieurs poules et pouvoir vivre de façon autonome. Ce n’est pas le cas. A défaut de pouvoir m’approvisionner directement dans une ferme et de m’assurer du bon traitement des poules, je préfère cette solution à aucune autre ;). Une boîte à 5.99€ nous dure deux semaines. Nous ne consommons les oeufs que pour faire des préparations pour le petit déj ou faire nos pâtes lorsque nous en trouvns le temps. C’est un effort financier que je consens donc à faire, à l’heure actuelle en tous cas. Maintenant, je me dis aussi que nous qui consommons essentiellement en vrac, nous serions ravis de trouver ces oeufs à l’unité, sans emballage, et donc un peu moins cher peut-être :).
      Belle journée,
      Lalou

  • Intéressant ! Sans devenir végétarienne, j’essaye aussi de faire attention à ce que j’achète. J’apprends grâce à toi que les poules ne vivent pas bien longtemps rapport à la rentabilité, c’est un peu triste.
    C’est donc un joli projet.

  • Géraldine dit :

    J’habite à la campagne, je ne mange pas bio et pas végan. Je privilégie les produits frais locaux et en tout cas français. Quel intérêt gustatif et écologique à manger des mangues ou des kiwis du costa rica qui arrivent par avion et ne sont pas murs, mais qui seront bio? Idem pour la patate douce des états unis ou d’afrique du sud… Sachant que les normes du bio français et du bio des autres pays divergent fortement. Mon mari est agriculteur (dans les céréales) et ne fait pas de bio. Il y a des produits qui lui sont interdits d’usage en France, et qui ne sont pas interdits dans d’autres pays… Bref, j’ai mon idée sur la question et je ne souhaite pas convaincre qui que ce soit.

    Toujours est-il que j’ai un poulailler d’agrément avec 10 poules qui sont des poules de réformes. Ce sont des pondeuses d’un élevage en plein air (non bio). En fin d’année, l’éleveur, qui a environ 1000 poules (et un très grand terrain pour elles), en vend environ 200 je crois, car elles deviennent moins productives. Il renouvelle donc son cheptel tous les ans par parties. Nous achetons les poules 2e l’unité, pour environ 250 oeufs par an (c’est notre 3è année). Elles n’ont pas le bec coupé, ni les ailes ou quoique ce soit. Elles sont en bonne santé, même si le changement d’habitat les perturbe un peu dans les 1è semaines, donc elles ne pondent pas au début.
    La principale cause de mortalité de nos poules, ce sont les renards et les fouines. Elles ne vivent finalement pas très longtemps (2 ans après les avoir eu), malgré les mesures de précaution que nous prenons. Mais les prédateurs sont toujours à l’affut.

    Le bien-être animal, le respect de l’éthique dans l’élevage : ok.
    L’anthropomorphisme animal : non.
    Mes poules ne dorment pas dans un lit. Mon chien non plus d’ailleurs. Ni mes poules ni mon chien ne mangent 3 fois par jour. Les unes ont des rations de blé qui sont réapprovisionnées lorsqu’il n’y en a plus. Elles mangent quand elles veulent. Mon chien mange le matin et le soir. Cela signifie-t-il que je ne me préoccupe pas du bien être de mes animaux? Je ne pense pas. Mais chacun aura son avis sur la question.

    • Lalouandco dit :

      Bonsoir,
      Merci pour ce commentaire très intéressant. En ce qui concerne les produits bio qui viennent de loin, je suis totalement d’accord avec vous. Car au-delà du goût, nous sommes dans une démarche de réduction de nos déchets. Consommer local et en vrac est notre priorité. De plus, lorsque l’on consomme de saison, la nature nous apporte tout ce dont nous avons besoin en fonction de l’endroit où l’on vit. Ensuite, je suis certaine qu’il existe des éleveurs de poules qui traitent correctement leurs volailles. C’est vraiment chouette de pouvoir adopter des poules réformées. Bravo ! Cependant, je suis aussi certaine que l’élevage intensif n’est pas toujours si rose. Il n’y a qu’à regarder les vidéos de l’association L214 pour en avoir le coeur net. C’est évidemment à ces élevages intensifs que je pense lorsque je consens à faire cet effort financier. La mortalité de vos poules est une mort liée au cycle de la vie, et non, à un besoin créé par l’homme. C’est totalement différent d’après moi. Je respecte la chaîne alimentaire. Néanmoins, à titre personnel, je fais le choix de consommer le moins possible de produit animal, par goût et par éthique. Enfin, en ce qui concerne l’anthropomorphisme animal, je dirai simplement que cela est intrinsèquement lié à la sensibilité de chacun. Savoir un animal seul, sans amour ou sans foyer me fait pleurer à chaque fois. Je suis de nature très sensible, et c’est encore plus vrai lorsqu’il s’agit des animaux. Je ne supporte pas qu’on puisse leur infliger des maltraitances. Il est désormais établit que les animaux sont doués d’une certaine forme de sensibilité eux aussi. Mais je vous concède que nous avons ici un très fort attachement à notre chat d’appartement, qui nous le rend au centuple ;). Je vous remercie encore pour ce commentaire. L’échange est toujours instructif ! :). Bonne soirée

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